Je suis revenue au travail pour deux jours, c'est assez surréaliste, je mentirai si je disais que j'abats un travail phénoménal, je fais plutôt de la présence. En fait, nous avions calé les congés de tout le monde dés le mois de juin, mais le 30, le siège a décidé de supprimer un poste, du coup, impossible de tenir l'obligation de 50% de l'effectif présent. Et comme je suis chef d'établissement, j'ai donné l'exemple en revenant sur mes congés et en obtenant en contrepartie de fermer une semaine. Un petit mal pour un grand bien. 

Hier, un vrai monsieur, qui avait vu une photo de moi, m'a dit qu'il me trouvait séduisante. À mon rire idiot, heureusement, c'était au téléphone, parce que si en plus il avait vu ma tête (je sais ce que vous en train de vous dire, si elle s'esclaffe bêtement à chaque fois qu'un mec la draguouille, ce n'est pas demain, qu'on va la caser !), il m'a demandé si :

1- je plaisais aux hommes

2- je me trouvais séduisante. 

Ou comment une discussion anodine devient sujet philosophique. Et aujourd'hui, je suis allée en consultation d'ethiopathie, et c'est bizarre mais tout cela est lié. Je vais m'expliquer. 

Parallèlement, un élu, qui pourrait être mon père et dont je vous ai déjà parlé, celui qui me trouvait séduisante, entretient avec moi une correspondance assidue, qui me fait un bien fou, il aime que nous y développions une espèce d'introspection intimiste et réaliste où il est souvent question de rapport à soi, à l'image et à l'autre.

Je progresse sur la voie de la sagesse et revenons au concept de séduction. 

Alors au premier vrai monsieur, j'ai donc dit que non, je ne me trouvais pas séduisante, et c'est vrai. Il y a des filles qui quand elles rentrent dans une pièce, s'imposent, on les remarque, elles assurent une présence, elles dégagent une aura. C'est cela être séduisante, c'est encore différent de la beauté, qui peut être déshumanisée. Mais au delà de cela, ce que j'ai pu lui répondre, c'est que je ne suis pas dans la séduction. Et c'est ça mon problème, quand je vois ma copine, à l'aise avec les mecs, qui fait des remarques jamais vulgaires, mais disons engageantes, je sais que je suis incapable de cela, alors comment dans ces conditions, imaginer être séduisante. 

En même temps, la question n'est pas là et cela rejoint la consultation d'ethiopathie. Ce n'est pas de la Psy, c'est plutôt pour faire simple, comment le corps intériorise son histoire personnelle, y compris transgénérationnelle, pour créer des blocages. La dame a donc commencé son office pour en arriver à me dire que je ne laissais aucune place à mes "instincts" pour trop penser les choses. Ce qui faisait que par exemple, j'ai pensé le mal être de mon mari pour accepter les 10 ans de non vie de couple. Alors qu'instinctivement, il était évident qu'il fallait que cela cesse avant. Bien sùr, je résume, mais c'est tellement vrai et en même temps, tellement conforme à ce que je vis. Je ne fais pas confiance à mes inclinaisons, je crois toujours qu'il y a une explication à trouver, une légitimation à l'inacceptable. Avant de  savoir ce que l'autre peut m'apporter, je réfléchis à ce que je peux soigner en lui. Ça m'a sauté à la figure avec une évidence folle. Cela crée parfois un entêtement aveugle et certainement une incapacité à regarder la simplicité des choses et à répondre merci à quelqu'un qui me dit que je suis séduisante au lieu de me dire que c'est une aberration. 

Je n'ai jamais été aussi fille que depuis que je suis divorcée, je n'imagine pas sortir de chez moi sans maquillage, léger mais présent, mes ongles sont toujours vernis. J'ai refait de À à Z mon tiroir de sous vêtements et de chemises de nuit, je porte des slims ce qui fait rigoler ma fille qui trouve sa mère très hype... Et malgré cela, je n'arrive pas encore à "m'ouvrir" aux autres, je suis encore recroquevillée comme si le monde du plaire n'était pas pour moi. Entendre que dans le fait d'être abandonnée, il faut accepter que c'est l'autre qui part, et pas forcément soi que l'on fuit. C'est important de l'entendre, maintenant il faut que je fasse mienne cette idée, qui je crois à du sens dans mon cas. J'ai été abandonnée trois fois dans ma vie affective. Aujourd'hui, je veux une vie affective équilibrée et en finir avec la dépendance et la culpabilité de n'être jamais assez bien pour l'autre. Il faudra que l'on me désire/mérite !