J'ai été interpellée par le message de Nane, qui notait mon absence depuis plus d'un mois. Je n'y arrive plus ! Et pourtant, j'ai réfléchi à ce qu'elle disait. Et j'en tire cette conclusion, c'est vrai que je parle ailleurs. C'est surtout vrai que je me suis réconciliée avec ma famille, mes amis, ma maison, ma vie. Et donc, cette fenêtre n'a presque pas sa raison d'être ou plutôt, je n'y trouve plus ce que je venais y chercher et je ne parviens plus à m'y référer.

C'est un peu vache pour vous qui m'avez accompagnée toutes ces années. Je suis souvent venue vous pleurer sur l'épaule, il n'y a pas si longtemps d'ailleurs. Mais voilà maintenant, je vis ma vie et je ne l'analyse plus. Je n'ai plus besoin le soir de m'extraire de nous 4 pour me réfugier devant mon ordinateur. Je passe mes soirées avec les enfants, puis je lis, je regarde la télé. Ça parait un peu gros ou un peu cliché de dire les choses comme cela, mais ma vie a changé du tout au tout. Et certains de mes besoins aussi. Je n'arrive pas à parler de ce que je vis comme je le faisais avant, parce que j'y suis dedans, j'avance, je me sentirai aujourd'hui exhibitionniste d'en parler. Je ne sais pas trop pourquoi.

FB a pris une place aussi en cela qu'il ne demande pas trop de temps, il est dans l'immédiateté et puis, c'est vrai, je n'ai plus à me retrancher derrière de l'anonymat. J'ai l'impression d'être au clair avec ce que je vis et ce que j'ai envie de montrer. Je suis moi et c'est tout.

Je suis toujours très politisée, je suis toujours très attentive à ce qui se passe, j'ai toujours mes engagements militants. Mais je suis dorénavant dans le monde. Je n'ai plus peur.

Avant je disais souvent que je me sentais "croûton derrière une malle (mâle)", oubliée et niée. Actuellement, il m'arrive plein de belles choses. Les enfants vont très bien, je me bats pour les préserver de ce qui se passe à coté avec des BP récalcitrants et un ex complètement à côté de ses pompes. J'ai une maison que je transforme pas à pas, à l'huile de coude. Je renoue avec des amis oubliés parce que les relations étaient trop compliquées en présence d'un ex qui ne supportait pas les bonnes relations que je pouvais entretenir avec les uns et les autres, il y voyait toujours une hostilité envers lui-même. Au travail, mon président m'a confié de nouvelles responsabilités qui m'aménent à pas mal bouger de Toulouse à Montpellier. J'ai réinvesti le bénévolat. Je gère le gite à 100% parce que le co-gérant est occupé avec une poule au bord de la mer et donc loin de S**plassens.

Tout mis bout à bout, cela remplit une vie et surtout, je suis bien. Plus de petites pilules, plus rien, je me sens en harmonie, malgré quelques dérapages encore incontrôlés. Je ne vois plus la psy que tous les mois.

Alors ici se délite mais je n'ai pas envie de le regretter, c'est ainsi, c'est une page qui se tourne. Peut-être qu'un jour l'envie reviendra. En attendant, je vous ai tant aimées !